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Né le 10 mai 1910 à Hébuterne (Pas-de-Calais), fusillé le 22 décembre 1943 à Arras (Pas-de-Calais) ; cultivateur.

Fils de Louis et d’Angèle Lamare, Roger Darras fut marié à Jeanne (née Sévin) et père de quatre enfants. Il était domicilié à Hébuterne.

Il fut arrêté le 13 juin 1943 à Hébuterne par la Geheimfeldpolizei (GFP) pour « détention et fournisseur d’armes aux organisations de résistance ». Selon une autre source, il fut arrêté à Arras le 27 novembre ou le 14 décembre 1943 suite à une dénonciation. Condamné à mort par le tribunal militaire de Lille (FK 678), il a été fusillé le 22 décembre 1943 dans les fossés de citadelle d’Arras.

Lettre rédigée avant son excécution

" Ma chère petite femme et chers Petits que j’aimais tant et vous chers parents,

Aujourd’hui mercredi 22, 6 heures du matin on vient de nous prévenir du sort qui nous est réservé, nous sommes condamnés à être fusillés ce jour à 8 heures du matin. Nuit dont Alex, Roger Charles, Roger Savaux, moi et quatre autres membres de Saint léger les Croisilles.

Je vais mourir dans 2 heures, mais auparavant il faut toi ma femme et vous surtout mes chers Petits, il faut que vous me pardonniez du mal que ma mort va vous causer à tous. Il est vraiment malheureux de mourir si jeune pour si peu de chose. Pardonnez-le moi encore une fois, toi ma femme sois forte, courageuse comme tu l’es. Je te souhaite un peu d’existence meilleure, de beaucoup que la présente.

Vous mes chers Enfants, soyez forts aussi, toi ma Rosine aide ta Mère par des actes et une conduite irréprochable à tous points, toi ma Renée, par des actes et une conduite irréprochable à tous points, toi ma Monique, et ma chère petite Nicole que j’aimais tendrement, priez bien pour que votre petit Papa, soit heureux au Paradis d’où il vous regardera.

Quant à toi mon cher Petit Louis chéri, dont j’étais si fier pour plus tard, je te souhaite une plus longue et plus belle vie que celle que j’ai faite ; plus tard quand tu reliras ma lettre, puise y tout ce que tu auras besoin pour faire de toi un homme a qui on n’ait jamais rien a reprocher.

Vous mes chers Parents, toi ma Mère tu auras beaucoup de chagrin de ma perte, il te restera encore mon frère sur qui tu peux compter pour finir tes  jours.

Toi mon Frère, penses souvent à moi, et vous mon Beau-Père, je compte sur vous pour être un second père pour mes quatre enfants chéris, que je vais quitter, et débrouiller les affaires que ma Mort va faire naître ;

Soyez pour Jeanne celui en qui elle pourrait avoir besoin, pour les affaires de notaire.

Avant de mourir, je suis de cœur, et de pensée avec vous tous ceux qui m’étaient chers ; toi ma bonne cousine Henriette, tu seras pour mes gosses une seconde mère, ne les oublie pas ; sur cette courte lettre, je ne pourrais pas faire tous mes adieux à tous, mes chers amis.

Mais je veux que tous sachent que de la haut je les verrai, car je vais mourir chrétiennement. Au plus peiné je pense à Rosine, Olida, Gélon et les siens, et surtout Paul, Marcelle, et Odette, que qui eux entendront peut être le bruit qui va causer ma mort, à la Citadelle d’Arras.


Dubos quand vous le verrez, dites lui bien que je ne lui en veux pas, de m’avoir fait ça, ne lui en voulez pas plus vous-même.

Maintenant toi ma chère Jeanne, voilà mes dernières volontés.
Tout ce que je possède je te le donne, aussi bien meubles, qu’immeubles et argent ; fais en sorte que tu puisses finir ta vie heureusement, mais pense souvent à moi, avec mes chers Petits, que malheureusement je ne pourrai
jamais revoir. L’heure presse, je vais avoir la dernière visite d’un prêtre qui va me préparer pour mes derniers instants. Je vous quitte donc en vous disant, tous, tous, en vous embrassant de la façon la plus tendre,
et surtout pour toi ma Femme, d’un baiser d’adieu inoubliable pour vous tous, mes chers Petits, je vous embrasse avec mon cœur le plus paternel.

Ce petit bout de papier vient de m’être adjoint au premier. Je profite pour continuer ma lettre pour mon cher petit Louis de qui j’étais fier.

Quel malheur de le quitter si vite. J’avais eu en lui un fameux appui sur qui j’aurais pu compter plus tard.

On vient de me faire remettre quelques affaires personnelles que vous reconnaitrez, elles vous seront remises. Je vous supplie encore une fois de penser à moi, souvent dans vos pensées et surtout dans vos prières. Je prierai pour vous tous de la haut.

Adieu tous, toi mon Louis, toi ma petite Nicole, toi ma chère Monique,
ma grande Renée, et toi ma chère Femme que j’aimerai tant. Celui qui vous aimait tant, adieux à tous.

Faites moi de dire une messe très simple mais très sincère, car encore une fois
je vais mourir avec la foi d’aller au ciel, en précurseur, vous attendrez tous beaucoup plus tard, car je ne voudrais pas que ma mort cause d’autres malheurs.

Bons baisers à toi ma Femme, et à vous mes chers petits et vous mes chers Parents. "

Source image :

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Source texte :         

https://fusilles-40-44.maitron.fr/

DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Pas-de-Calais : 51J/6. – J.-M. Fossier, Zone interdite, op. cit., p. 156-157, 248-249. – Étienne Dejonghe et Yves Le Maner, Le Nord-Pas-de-Calais dans la main allemande, Lille, La Voix du Nord, 1999, p. 10 et 314-315-316. – Mémorial des fusillés d’Arras.

Source Lettres :

Mr SAVAUX Roger  ( Membre de la famille , Commune de Martinpuich )

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