
Né le 26 novembre 1918 à Mouvaux (Nord), fusillé le 22 décembre 1943 à Arras (Pas-de-Calais) ; meunier ; résistant WO.
Fils de Stanislas et d’Irène (née Cathelain), Alexandre Phalempin était marié à Augusta (née Proniez). Ils étaient domiciliés à Hébuterne (Pas-de-Calais) et avaient deux enfants.
Arrêté le 14 décembre 1942 pour « détention et fournisseur d’armes aux organisations de résistance » par la Geheimfeldpolizei (GFP), il fut interné dans les prisons de Douai (Nord) puis Arras.
Condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Lille (FK 678) le 22 décembre 1943, Alexandre Phalempin a été fusillé le jour même à Arras.
Lettres rédigées avant son excécution et courrier de la famille qui a fourni la copie
"Cette lettre écrite le 22 Décembre 1943 avant l’exécution, nous a été remise le 7 Janvier 1944,
Ces martyrs ont appris à 6 heures qu’ils seraient fusillés à 8 heures.
Ils ont eu 2 heures pour écrire, entendu la messe et se préparer à mourir.
Mon pauvre Alex a bien employé son temps comme vous le pouvez le voir.
J’ai respecté la copie origine écrite au crayon et qui est sacrée pour nous."
Ma petite femme chérie,
Mon petit Guy et
Mon gros bébé Max,
[un tendre baiser]
Je vais vous quitter pour toujours avec beaucoup de chagrin, moi qui vous aimais tant !
Ma tata adorée, je te recommande de bien élever nos chers enfants ; reprends goût à la vie, remarie-toi, mais fais bien ton choix, que nos petits ne soient pas malheureux avec leur nouveau père.
Tu sais ma petite femme que je vous aimais beaucoup. Je te demande pardon pour le chagrin que j’ai pu te faire dans notre vie commune, j’ai bien de la peine de vous quitter sans vous avoir embrassés tous les trois, cela aurait été une dernière consolation, mais malheureusement ce n’est pas possible.
Je vous embrasse de loin et de tout mon cœur lourd de chagrin. Je garde un grand courage devant la mort, je n’ai même pas une photo de toi ma chérie pour te serrer une dernière fois sur mon cœur, j’ai celles de nos chers enfants heureusement.
Sous mes abords rudes, tu sais ma chère femme que je vous adorais.
Courage ! ma chérie, relève la tête sous ce coup du sort et je te recommande de refaire ta vie, mais surtout pense à nos chers enfants.
Je sais que tu es une femme de cœur et que tu feras tout pour les rendre heureux, élève-les dans la pensée de leur père enlevé si vite à leur affection.
Mon petit Max.
Heureusement pour lui ne se rappellerai pas de moi, quantà toi, mon petit Guy, si turbulent et cependant si aimé, garde toujours le souvenir de ton papa et je te laisse ma chevalière qui te rappellera ton cher père. Je te recommande d’être bien gentil avec ta bonne maman, ne lui fais pas trop de chagrin, sois bien sage pour ton papa et pense à moi de temps en temps, console ta maman qui est si gentille et si bonne, embrasse la tous les jours pour moi.
Ma petite femme, je vais te quitter avec un cœur gonflé de chagrin, cependant tu sais, je suis courageux, la mort ne me fait pas frémir, mon grand désespoir est de ne pas vous embrasser une dernière fois. Ne te reproche rien pour ta conduite envers moi, seul le sort en a décidé ainsi. J’emporte de toi une vision bien douce, tu as fait mon bonheur pendant notre vie conjugale si brutalement interrompue, je me reproche d’avoir ainsi agi à la légère, je n’ai pas assez pensé à vous et c’est la seule grand reproche que je me fais, pardonne ma tate chérie à ton mari qui t’a tant aimée, malgré les apparences rudes, tu sais que vous étiez tout pour moi et que je ne vivais que pour vous. Prie ma chérie pour moi, comme je vais le faire tout à l’heure avec l’aide du prêtre et je te donne rendez-vous dans l’autre monde, que ce soit pour toi le plus tard possible.
Garde longtemps ton affection à nos enfants adorés qui j’espère et ce dont je suis certain, tu élèveras dans la bonne voie et dans la douceur.
Ma femme aimée à toi ma dernière pensée, je tomberai en prononçant ton nom. Je te serre de loin dans mes bras et je t’embrasse une dernière fois.
Mon adorée je te le redis courage, courage !
Puisses-tu en avoir autant que moi qui vais mourir, je vous embrasse de tout mon cœur plein de vos chères figures
Ma chère adorée, je vais vous quitter, le prêtre est là dans ma cellule et je vais remplir mes derniers devoirs. Embrasse mes deux amours, ma pensée est auprès de vous tous, de mes parents aimés et des tiens. Je ne sais si j’aurais le temps de leur écrire, si je ne le puis, assure les que je pars avec une pensée pour vous tous
Il me reste 9 minutes, je t’embrasse tendrement mon adorée ainsi mes gosses aimés, courage !
Mes chers Parents aimés,
Vous savez en même temps que cette lettre la triste nouvelle, mais surtout courage, je vous demande pardon du chagrin que je vous aurai causé. Je sais et je suis attristé à la pensée des sombres jours que maintenant vous allez vivre, mais de grâce, pour moi faites cela, remontez-vous, je vous garde en mon cœur, mes chers Parents, une affection jamais démonté et sachez qu’avec ma chère femme et mes enfants adorés vous avez toujours été dans mes pensées.
Ma chère Maman, pardon. Je sais que vous allez souffrir plus que moi hélas ! mais pour moi je vous demande du courage. Je pars plus heureux en vous sachant plus forts, surmontez ce coup du destin et de grâce vivez, reprenez goût à cette chienne de vie que vous m’avez donnée et que vous m’avez rendue si douce.
Mon papa, ton fils te demande d’être fort. Je connais ta nature, aussi pour moi, et je suis certain que tu m’entendras, je te demande et je t’implore ne fais pas de bêtise, conserve-toi à la vie.
Mes chers parents, je vais vous demander une dernière chose et je ne doute pas, c’est déjà fait : soutenez ma petite famille, que ma femme près de vous soit vraiment une fille, nos enfants adorés, si à l’image de leur père, seront pour vous, heureusement une tendre consolation et vous rappelleront, hélas bien cruellement le cher disparu. Soyez certains que je vais quitter la
vie avec beaucoup de courage. Je ne tremble pas, mon plus grand chagrin est de ne pas vous avoir embrassés. J’aurais voulu vous revoir tous et surtout, je ne vous le cache pas, mes deux gosses que j’aimais tant.
Ma chère femme est, vous le savez, un noble cœur, je lui conseille de refaire sa vie, mais je vous demande à la guider un peu si possible lais la relève de ma vie, mais je vous demande, que mes enfants ne souffrent pas d’un autre père. Soyez bons, mes chers Parents, avec ma douce Augusta et soyez forts, plus forts qu’elle, afin de pouvoir la remonter.
Mon petit Guy, lui, malheureusement, comprendra la perte de son papa, je sais que c’est votre préféré. Faites‑lui comprendre bien doucement et qu’il ne pleure pas trop. J’ai un remords
d’avoir embrassé Max en partant et pas lui ce cher petit, tout tremblant à la porte, toujours cela m’a obsédé. Je lui en demande pardon, cela n’est pas un signe de moindre affection.
Je les aimais tous deux également, j’étais tellement affolé, je n’ai même pas embrassé ma chère femme une seule fois dans le cur, je n’ai pu rentrer, ce que je voulais cependant faire.
Mes Parents aimés, encore une fois courage, soyez forts, je vous le demande et consacrez votre vie à l’éducation de mes gars aimés.
Je suis très courageux devant la mort, je pars en pensant à vous et à ma famille pour laquelle
j’étais si heureux de vivre. Je ne me relis même pas, du fond du cœur je vous embrasse bien fort et je vous serre une dernière fois dans mes bras,
Votre fils qui vous a toujours tant aimé.
Alex
Ma mère je t’embrasse de tout mon amour filial. Mon père je t’embrasse bien fort et je compte sur toi pour être courageux, console toi avec Guy, c’est un second moi-même.
Je me reproche d’avoir été dur avec Guy et j’ai du chagrin de l’avoir parfois brutalisé, mon enfant aimé, pardonne à ton pauvre père, tu sais que j’étais vif et tu n’étais pas toujours sage, je t’en prie, et je te le demande de tout mon cœur, sois sage avec ta maman, conduis toi bien partout où tu seras, fais le en mémoire de ton papa qui sans l’écrier était un bon homme et un brave cœur.
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Source texte :
https://fusilles-40-44.maitron.fr/
DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Pas-de-Calais, 51 J/6. – J.-M. Fossier, Zone interdite, op. cit., p. 156-157, 248-249. – Étienne Dejonghe et Yves Le Maner, Le Nord-Pas-de-Calais dans la main allemande, Lille, La Voix du Nord, 1999, p. 10 et 314-316. – Mémorial des fusillés d’Arras.
Source Lettres :
Mr SAVAUX Roger ( Membre de la famille , Commune de Martinpuich )
